Fédération Médiévale et Renaissance
Ligue d'archerie médiévale

Chevaliers d’Archerie

Préambule Historique
Toutes les sociétés ont généralement un saint patron.
Saint Sébastien, représenté le plus couramment dans l'iconographie percé de flèches, est devenu tout naturellement le patron de la corporation des Archers.
Né en Gaule (Narbonne) vers l'an 228, Saint Sébastien, chef d'une cohorte prétorienne et dénoncé comme chrétien, fut martyrisé à Rome en 250. Il fut percé de flèches et laissé pour mort. Rappelé à la vie par la veuve Irène, il alla se placer sur le chemin de l'empereur Dioclétien, auquel il reprocha d'être cruel et de persécuter les chrétiens. Arrêté de nouveau, il fut bâtonné à mort.
En 825, l’évêque de Soissons, Rodoin, fait le vœu de faire venir de Rome, les reliques de St SÉBASTIEN dans son diocèse. Il charge Chevaliers et Archers armés de la Compagnie d’Arc de Soissons de cette mission.
En 861, l’Abbé Hildwin, en sa double qualité d’Évêque et de Baron et pour ne pas utiliser les Archers combattant sur les champs de batailles, recrute parmi les vassaux une garde armée déclarée en Confrérie de St Sébastien, organisée en l’Église de St Médard par une bulle du Pape Paul 1er destinée à veiller jours et nuits sur les reliques et également à protéger les pèlerins sur les routes.
De nos jours, la Confrérie de l’Ordre de St Sébastien a toujours le même rôle.
Après la guerre de 100 ans et toutes les batailles perdues contre les anglais, Charles V réorganisa les Compagnies d’Archers et leur rendit leurs privilèges pour les inciter à s’entraîner et se développer.
Á la révolution, l’Archerie française fut supprimée et les biens des Chevaliers réquisitionnés dans le domaine de l’État. Quelques Compagnies subsistèrent néanmoins, ils conservèrent les traditions de réceptions et d’usages.
Á partir de 1793, la renaissance des Compagnies fut progressive ; sous le Consulat, l’empire et la restauration, elles devinrent des sociétés sportives respectueuses des traditions. Depuis, dans les Compagnies, se côtoient Chevaliers d’Arc, Archers et Archers sportifs seulement.
En 1863, le Docteur Denonvillers, de la Compagnie Impériale d’Arc, fait adopter de nouveaux statuts, écartant des textes toute référence religieuse ; ils portent le nom de Règlements Généraux du 29 Novembre 1733.
C’est la séparation des Chevaliers d’Arc (qui sont tous archers) et des Chevaliers de l’Ordre de St Sébastien (qui ne le sont pas tous). Le 9 Avril 1899, Monsieur Octave JAY (capitaine de la Compagnie de Saint Pierre Montmartre) avec plusieurs autres capitaines de la Seine, de la Seine et Oise, de la Seine et Marne et de l’Oise, réunirent une assemblée plénière de la Chevalerie en la mairie du Xème arrondissement, et adoptèrent les Statuts et Règlements Généraux d’une Fédération des Compagnies d’Arc de l’Île de France sous la Présidence de Monsieur Octave JAY.
Cette Fédération prendra le nom de Fédération Française de Tir à l’Arc.

Chevaliers d’Archerie

Protocole : Un Chevalier d’Archerie de la FFMR est une femme ou un homme Archer, ayant pris l’engagement d’honneur devant ses pairs de pratiquer en toute circonstance :

Loyauté, Courtoisie, Honneur, Bravoure et Respect.
Nous insistons bien sur le fait qu’être Chevalier d’Archerie n’apporte aucune supériorité, ni aucun droit supplémentaire. En revanche, le Chevalier a le Devoir de montrer l’exemple, de respecter et transmettre les valeurs auxquelles il a prêté serment, de conseiller les Archers dans leur pratique, d’expliquer les traditions, d’encourager et de soutenir si possible par leur présence les manifestations d’ordre traditionnel se rapportant à l’Archerie. Nous nous devons de transmettre à notre époque, le XXIème siècle, qu’il est impossible de rejeter en bloc les vieilles traditions qui contiennent, en elles, trop de valeurs et quelles doivent être toujours considérées comme les fondements de notre propre évolution.
L’engagement moral du Chevalier d’Archerie en fait une personne, qui respecte librement un certain nombre de principes, et tente de les faire partager aux autres. Il n’adhère en aucune façon à une sorte de secte qui lui dicte son mode de vie et de pensée.

Devenir Chevalier d’Archerie de la FFMR :
Bien entendu la Chevalerie d’Archerie n’est pas une Chevalerie de Naissance mais de cœur ; à ce titre, tout Archer, homme ou femme, âgé de 30 ans révolus, justifiant d’au moins 10 ans de pratique de l’Archerie, membre de la FFMR peut demander à devenir Chevalier d’Archerie de la FFMR.
Il (elle) devra impérativement transmettre, par tout moyen à sa convenance, au Connétable, une demande écrite comportant :
• Nom, Prénom, Date de Naissance et Adresse complète avec Mail et/ou N° de Téléphone,
• Son Pseudonyme médiéval et son N° de licence Fédérale,
• Ainsi qu’une courte présentation de sa vie d’Archer.

Le Connétable, aidé par deux Chevaliers tirés au sort, seront chargés d’examiner la demande. Si rien à leurs yeux ne s’y oppose, ils informeront l’Archer demandeur qu’il sera désormais «Aspirant chevalier» et qu’il devra, à partir de ce jour, faire preuve de son engagement de Fraternité, de Respect, de Solidarité, de Courtoisie et d'Honneur.
Le Connétable désignera trois parrains, parmi ses pairs, qui seront chargés d’observer et d’instruire le nouvel «Aspirant», puis de l’accompagner jusqu’à l’éventuelle intronisation.

Chevalier d’Archerie de la FFMR : La Formation de l’Aspirant :
Un ensemble de règles qu’il est indispensable de respecter :
• La première concerne la sécurité : l’arc est une arme ; il est dangereux, il faut le manipuler avec précaution pour ne blesser personne.
• La seconde règle impérative est : le respect vis-à-vis des autres ; on ne fait, ou ne dit, rien qui puisse blesser et entraîner des malaises ou disputes.
• La troisième : la solidarité envers tous les Archers est de mise ; bien entendu on aide son confrère ou sa consœur à la limite de ses connaissances ou de ses possibilités.
Un Aspirant, comme tout Chevalier d’Archerie, avant de décocher sa première flèche, se doit de prononcer la traditionnelle phrase :
«Archers, je vous salue».
C’est une marque de bienséance ; on salut les Archers présents, et au travers du symbole de la butte, on honore l’ensemble des Archers vivants et décédés. La cible est son partenaire, son adversaire.
Par ailleurs les propos se doivent de transmettre l'esprit de camaraderie, de tolérance et de respect, qui sont les traits marquants de la Chevalerie. À ce titre, il est d'usage que tous les Chevaliers se tutoient dès l'instant où ils se sont reconnus comme tels.
Un désaccord ne doit jamais être la raison de hausser le ton ou de proférer des injures, qui sont de toute façon prohibées du langage des Chevaliers. Ils seront polis envers tous et en toutes circonstances. La politesse, la courtoisie et le respect des traditions et des personnes sont des qualités que chaque Chevalier doit démontrer.

Demande d’intronisation :
Au minimum un an après la Nomination de l’Aspirant, lorsque les trois parrains, après s’être régulièrement consultés, seront unanimement convaincus par la sincérité de la démarche et la bienséance de leur Aspirant, prendront la responsabilité d’une demande d’intronisation auprès du Connétable qui devra organiser, dans les meilleurs délais, le vote acceptant ou non cette cérémonie.

Intronisation :
Pour la cérémonie, il faut autour de l’Aspirant, au minimum ses trois parrains et deux Chevaliers. Bien que représentant un caractère initiatique, cette cérémonie n’a rien de secret ; elle pourra donc être publique.
Au cours de l’intronisation, le nouveau Chevalier se verra remettre les insignes de sa nouvelle appartenance. Une partie du «tesson d’endenture» et une «flèche de vie». Il devra aussi s’acquitter du tribut (simples frais de réalisation des insignes).
Le Connétable sera chargé d’inscrire sur le Grand Livre des Chevaliers, le nom et prénom d’usage, la date de naissance, ainsi que le pseudonyme médiéval et le N° d’ordre (figurant sur le «tesson d’endenture»), et la date de l’intronisation.

Chevalier d’Archerie de la FFMR : Actif, en congé, suspendu, honoraire, ou démissionnaire :
Le (la) Chevalier d’Archerie, ayant été adoubé(e) et reconnu(e) par ses pairs pourra immédiatement siéger à l’assemblée des Chevaliers d’Archerie de la FFMR.
La partie du «tesson d’endenture» comportant le N° d’ordre démontrant l’appartenance, ainsi que «la flèche de vie» devront être liés et conservés par la communauté des Chevaliers.
La mort, la démission ou la condamnation pour félonie pourront faire perdre l’appartenance.

Le fait de ne plus faire partie de la FFMR transformera le (la) Chevalier en membre honoraire, perdant sa capacité de participer aux activités de la communauté. Sa «flèche de vie» lui sera donnée et le Connétable signifiera sur le Grand Livre son honorariat.
Toutefois, en redevenant membre de la FFMR et en rapportant sa «flèche de vie», son activité lui sera rendue.

Un Chevalier éprouvé par la maladie ou par un «accident de la vie» pourra à tout moment demander à être mis en congé ; ce congé prenant fin à sa demande.
Le Connétable informera alors tous les autres Chevaliers de la prise de congé ou de la reprise d’activité et en signifiera les dates sur le Grand Livre.

Un Chevalier pourra s’il le désire démissionner ; il faudra que cet acte soit mûrement réfléchi, car il n’y aura pas de possibilité de retour. Il devra présenter sa démission par écrit.
Son «tesson d’endenture» sera brisé et sa flèche de vie lui sera remise.
La date de sa démission sera inscrite par le Connétable sur le Grand Livre des Chevaliers.

À la mort d’un Chevalier, sa flèche de vie sera brisée en 3 morceaux :
• la pointe restera à tout jamais liée au «tesson d’endenture», marquant le Grand départ du Chevalier sur les chemins de l’éternité dans la mémoire de ses pairs et successeurs,
• la partie centrale de la Hampe partira avec lui,
• et l’empennage sera remis à son (sa) compagne de vie (ou à ses enfants).
Le Connétable devra inscrire le jour du décès sur le Grand Livre des Chevaliers.

Par contre toute félonie dûment établie entraînera la destruction complète du «tesson d’endenture» et de la «flèche de vie» ; la dispersion aux quatre vents des morceaux et la marque d’infamie inscrite sur le Grand Livre par le Connétable.
Parmi les Chevaliers, aucun chef, aucune hiérarchie, aucune préséance ne sera admise ; seul un Connétable élu pour 3 ans (sans renouvellement possible) assurera les fonctions d’administrateur définies par ce règlement.
Toute décision devra être votée par oui ou non (pas d’abstention) et recueillir la majorité absolue de l’ensemble des Chevaliers actifs.
Tous les Chevaliers actifs devront être consultés et tous prendront l’engagement d’y répondre. Le Connétable sera chargé de lancer la consultation par tous les moyens le permettant ; il recueillera les suffrages et communiquera les résultats à ses pairs.
Seuls les votes concernant les personnes (proposition d’adoubement ou condamnation pour félonie) devront être secrets.
Le Connétable sera chargé d’informer, dans les meilleurs délais, la FFMR des décisions prises.

La Félonie :
Tout acte grave, contraire à l’engagement moral librement consenti par chaque Chevalier, pourra être signifié comme acte de Félonie.
Si au moins deux Chevaliers actifs portent accusation contre un Chevalier, le Connétable devra demander, par toute voie qu’il jugera opportune, à l’accusé de s’expliquer par écrit sur les faits qui lui sont reprochés.
Le délai de rigueur pour la réponse est fixé à 30 jours calendaires.
La réponse ou la non-réponse devra être portée à la connaissance de tous les Chevaliers actifs.
30 Jours calendaires après l’envoi aux Chevaliers, le Connétable devra faire procéder à trois votes secrets distincts.
• 1er vote : «Considérez-vous les faits reprochés comme acte(s) de félonie ?» Si la réponse à la majorité absolue des Chevaliers actifs est «oui» :
La Félonie sera prononcée et le Connétable procèdera à la destruction et la dispersion des éléments liants symboliquement les Chevaliers et inscrira la Marque d’infamie «Banni pour Félonie» sur le Grand Livre des Chevaliers.
Si la réponse au 1er vote est «non» :
• 2ème vote : «Pensez-vous cependant que cela mérite sanction ?»
Si la réponse au 2ème vote est «oui» :
• 3ème vote : «Quelle sanction : un simple rappel à l’ordre ou une suspension d’un an ?»
S’il est décidé un rappel à l’ordre, le Connétable devra formuler ce rappel au Chevalier concerné ; de plus il devra le consigner sur le Grand Livre.
S’il est décidé une suspension d’un an, le Connétable devra notifier au Chevalier concerné la date de suspension, ainsi que la date de reprise d’activité ; de même il consignera ces dates dans le Grand Livre.